CONSTITUTION PHOSPHORIQUE 🟡

DĂ©finition de la constitution

Avec le Carbonique et le Fluorique, c’est une des 3 Constitutions historiques identifiĂ©es par NĂ©bel.

Il s’agit ici de longilignes, peu souples, diffĂ©rents donc des Carboniques brĂ©vilignes et des Fluoriques hyperlaxes.

Ces sujets sont minces, Ă©lancĂ©s, souvent grands. L’allongement prĂ©domine au niveau des membres. Un thorax Ă©troit souligne la fragilitĂ© pulmonaire. Le crĂąne est allongĂ©, dolichocĂ©phale.

Sur le plan psychique, ce sont des nerveux, Ă  l’esprit vif, Ă©veillĂ©. L’Ă©motionnel domine. Le Phosphorique est un romantique passionnĂ©, trĂšs vulnĂ©rable aux stress de l’existence.

Ayant grandi trop vite, leur dos au départ souple, se courbe, se raidit, se voûte, devient douloureux au fil du temps.

La Constitution Phosphorique tĂ©moigne de l’imprĂ©gnation tuberculeuse d’une partie de l’humanitĂ©. Elle rĂ©sulte d’une transmission tuberculinique gĂ©nĂ©tique oĂč l’acquis tient peu de place, contrairement Ă  la Constitution Muriatique qui est plus souvent acquise qu’innĂ©e. Mais elle est peu marquĂ©e Ă  la naissance. Elle se dĂ©voilera vers la 2Ăšme ou la 3Ăšme annĂ©e Ă  partir d’un nourrisson Carbonique qui se met Ă  grandir tout en maigrissant.

La Constitution Phosphorique se dĂ©finit comme longiligne, mince, de taille Ă©levĂ©e, Ă  thorax Ă©troit, d’imprĂ©gnation Tuberculinique, fragile sur les plans nerveux et pulmonaire.

La Constitution Phosphorique dĂ©finit un type sensible tuberculinique. Elle est adaptation de l’organisme humain Ă  l’agression du Bacille tuberculeux. Dans une dynamique rĂ©tro-active frĂ©quente en l’occurrence elle enclenche une sensibilitĂ© accrue Ă  l’affection tuberculeuse.

Tout Phosphorique attire le B.K. s’y adapte, le neutralise ou en mourait avant la dĂ©couverte de la streptomycine.

Déjà, bien avant les homéopathes, on avait remarqué que des enfants nés de parents tuberculeux étaient plus souvent des longilignes, minces et de grande taille.

Comme dans toute Constitution, il y a de l’innĂ© et de l’acquis. Mais ici la part de l’innĂ© prĂ©domine sur l’acquis Ă  l’inverse de la Constitution Muriatique, elle aussi Tuberculinique oĂč l’acquis l’emporte sur l’innĂ©.

La Constitution Phosphorique traduit donc l’importance de la tuberculose dans les siĂšcles passĂ©s.

L’affection fut une des grandes tueuses des temps passĂ©s. On mourait de « consomption » dans des tableaux impressionnants d’hĂ©moptysies. « On s’en allait de la caisse, on crachait ses poumons ».

Egyptiens, Greco-romains avaient dĂ©jĂ , lors d’embaumements, repĂ©rĂ© la maladie qui formait des tubercules, des bubons Ă  l’intĂ©rieur des poumons, sorte de lĂšpre interne.

A travers l’Histoire de France nous voyons mourir de « phtisie » : Louis XIII, MoliĂšre, Mozart, l’Aiglon, des hĂ©ros romantiques tels Chopin, Musset, aidĂ© pour ce dernier par l’alcool.

Marie du Plessis, la Dame aux Camélias, sublime hétaïre disparue, a ému le Tout Paris par cette toux, cette « fluxion de poitrine » qui la conduisit au trépas.

MoliÚre met en scÚne sa propre mort en écrivant et jouant son « Malade imaginaire ».

Il fallut Koch qui identifia le Bacille et Waksman qui dĂ©couvrit la streptomycine pour juguler le flĂ©au. Mais le mal s’Ă©tait inscrit dans nos gĂšnes.

« Mince, Ă©lancĂ©, longiligne, grand, Ă  l’esprit vif et romantique »

Description de la constitution

 LIEN ENTRE CONSTITUTION ET DIATHÈSE

Tuberculinisme (jeune) đŸ”„ïž Phosphorique đŸ”„ïž Psore dĂ©composĂ©e (ĂągĂ©)

Le « joli bébé »

Morphotype
  • AllongĂ©. Sa taille Ă  la naissance est supĂ©rieure Ă  50 cm pour un poids normal. C’est donc un nourrisson mince.
  • CrĂąne allongĂ©, dolichocĂ©phale. Fontanelles se soudant tardivement.
  • Epiderme classiquement mat, mais le plus souvent frais et rose.
  • Thorax allongĂ©, Ă©troit, creux. Il y a lĂ  un dĂ©but d’insuffisance respiratoire Ă  prendre en considĂ©ration (kinĂ©sithĂ©rapie). Abdomen rĂ©tractĂ© et creux (≠Calcarea carbonica).
  • Petits membres allongĂ©s et fluets.
  • Transpire.

Remarque : ces caractĂ©ristiques peuvent ĂȘtre prĂ©sentes dĂšs la naissance. Elles apparaissent en gĂ©nĂ©ral un peu plus tard, au cours des 2me et 3 annĂ©es Ă  partir d’un petit Carbonique. BĂ©bĂ© naĂźt Carbonique, devient Phosphorique.

 

Comportement
  • BĂ©bĂ© vif, Ă©veillĂ©, prĂ©coce, Son 1 sourire apparaĂźt tĂŽt. Mais lent Ă  marcher.
  • Affectueux, mais pleure facilement, souvent grognon. A besoin de beaucoup de tendresse.
  • S’endort tard. Reste Ă©veillĂ© dans la journĂ©e. N’a pas besoin de beaucoup de sommeil.
  • Vorace, redemande sans cesse Ă  manger, mais rĂ©gurgite et vomit aprĂšs les repas. PrĂ©voir des biberons peu abondants mais rĂ©pĂ©tĂ©s. Ne prend guĂšre de poids mais grandit bien.
  • PrĂ©fĂ©rence dĂ©jĂ  pour les aliments salĂ©s. Aime les petits pots.

 

Pathologie
  • Retard dans la dentition.
  • FragilitĂ© de l’appareil respiratoire : rhinopharyngites rĂ©pĂ©tĂ©es avec Ă©volution vers la bronchiolite sĂ©vĂšre.
Morphotype
  • Enfant mince et grand. Continue Ă  grandir rapidement d’oĂč poussĂ©es fĂ©briles et douleurs de croissance.
  • Corps longiligne, gracile, harmonieux. Les membres sont allongĂ©s, mais le thorax reste Ă©troit avec toujours un certain degrĂ© d’insuffisance respiratoire. Epaules maigres, omoplates et clavicules saillantes.
  • Souplesse du dos engendrant de mauvaises positions: attitude scoliotique, cyphotique.

 

Comportement : l’Ă©motionnel domine
  • Enfant vif, intelligent, prĂ©coce. Excellent travail scolaire. C’est surtout un littĂ©raire : lettres, plus tard philosophie, droit, Ă©tudes artistiques.
  • Vite fatiguĂ© tant sur le plan physique que psychique. Le dernier trimestre sera mauvais alors que le 1er Ă©tait bon. Il se dĂ©sintĂ©resse alors des Ă©tudes et tend Ă  s’isoler.
  • A besoin de beaucoup de vacances. Se plait Ă  la campagne et Ă  la mer. Veiller Ă©galement Ă  la qualitĂ© du sommeil : le Phosphorique aime veiller tard mais il doit rĂ©cupĂ©rer.
  • Affectueux, trĂšs attachĂ© Ă  sa famille, toujours en quĂȘte d’amour, d’affection, d’encouragement. SexualitĂ© prĂ©coce chez l’adolescent, fille ou garçon.
  • Vif dĂ©sir d’aliments salĂ©s.

 

Pathologie : ses points faibles
  • Appareil respiratoire : rhinopharyngites rĂ©pĂ©tĂ©es avec bronchites, asthme. Supporte mal le BCG. Virage tardif de sa cuti. Primo infection parfois sĂ©vĂšre.
  • Appareil digestif : diarrhĂ©es faciles et rĂ©pĂ©titives.
  • AnĂ©mies. Manque de fer. China est un bon complĂ©mentaire.
  • C’est un « nerveux » : sombre dans la dĂ©pression s’il n’est pas entourĂ© affectueusement, soutenu moralement, s’il est déçu par ses rĂ©sultats ou ses amours estudiantines.
Morphotype

Grand, Ă©lancĂ©, mince voire maigre. C’est un longiligne type. DĂ©vore nourriture et vie Ă  pleines dents mais ne grossit pas. DolichocĂ©phale, donc crĂąne allongĂ©. L’Ă©tage intellectuel, le front, l’Ă©tage respiratoire, nez et joues, dominent dans le visage.

Squelette grĂȘle. Attaches fines et souples: poignets, chevilles. Longiligne souple sans excĂšs lorsqu’il flĂ©chit le buste. Touche sans trop de peine la pointe de ses pieds. Lorsqu’il tend les bras, l’avant-bras s’Ă©tend dans l’alignement du bras. Debout, cuisses et jambes sont rectilignes, la rotule dans le bon axe. Thorax Ă©troit, long, creusĂ© au niveau du sternum, marquĂ© de petites varicositĂ©s « en pinceau » sur le plastron costal. Ces minimes varicositĂ©s traduisent l’insuffisance respiratoire au mĂȘme titre qu’un dĂ©but de rosacĂ©e sur les pommettes des joues.

Le dos est un point faible. Cyphose, scoliose, inversion des courbures sont frĂ©quentes. Il faudra des gymnastiques douces type Ehrenfried pour fortifier ce dos fragile sans le brutaliser. La souplesse du sujet engendre des problĂšmes d’Ă©quilibre statique, des vertiges qu’il importe de corriger. Chez un Phosphorique, il faut toujours travailler l’Ă©quilibre pour Ă©viter les chutes des 3Ăšme et 4Ăšme Ăąges, sources de fractures meurtriĂšres par leurs consĂ©quences.

 

Comportement : le Phosphorique est l’illustration du TempĂ©rament nerveux d’Hippocrate,
  • Esprit vif, subtil, sentimental, romantique. Emotionnel et intuitif dominent mais fragile, facilement Ă©puisĂ©, il tombe dans la dĂ©pression Ă  la suite de chagrin, de dĂ©ception, de surmenage. Il se dĂ©sintĂ©resse de tout, incapable de travailler voire de penser.
  • Sujet brillant, aux belles dispositions intellectuelles et artistiques. S’exprime avec aisance, poĂšte, Ă©loquent, musicien, c’est un grand amoureux tant sur le plan sentimental que sexuel.
  • Toujours aggravĂ© au crĂ©puscule du soir ce qui lui donne le spleen et par l’orage qui l’effraie. Aime le grand air qui l’amĂ©liore.
  • AttirĂ© par tous les mets salĂ©s, sel, jambon de pays, poissons fumĂ©s.

 

Pathologie
  • Appareil respiratoire : s’enrhume facilement au moindre refroidissement. Bronchites, rhinites spasmodiques. Rhume des foins. Asthme. Allergies respiratoires. SensibilitĂ© au bacille tuberculeux.
  • Colibacilloses rĂ©pĂ©tĂ©es chez la jeune femme.
  • Allergies cutanĂ©es type dermite des prĂ©s, eczĂ©mas variĂ©s traduisent la composante psorique derriĂšre le tuberculinisme.
  • Arthralgies, rhumatismes inflammatoires.
  • Polyarthrite rhumatoĂŻde.
  • AnĂ©mies diverses et affections sanguines.
  • SensibilitĂ© au paludisme lors des sĂ©jours dans les pays d’endĂ©mie.

RemÚdes de la série

CONSTITUTION 🟡 PHOSPHORIQUE

PHOSPHORUS ♟Calcarea phosphorica âžĄïž Magnesia phosphorica âžĄïž Kalium phosphoricum âžĄïž Natrum phosphoricum âžĄïž Ammonium phosphoricum âžĄïž Phosphoricum acidum

Nous allons retrouver les stades cationiques classiques, Calcarea, Magnesia, Kali, Natrum, Ammonium et Acide correspondant entre autres aux diffĂ©rents stades de l’existence. Et en fil d’Ariane nous retrouverons derriĂšre toute cette symptomatologie l’aggravation au crĂ©puscule, l’aggravation par l’orage, preuves de l’extrĂȘme sensibilitĂ© de cette Constitution aux conditions mĂ©tĂ©orologiques. Le Phosphorique est un signe d’Air.

0 Ă  20 ans : Calcarea phosphorica avec une touche spasmodique Ă  l’adolescence appelant Magnesia phosphorica.
20 Ă  40 ans : Kalium phosphoricum
40 Ă  60 ans : Natrum phosphoricum avec quelques signes d’Ammonium phosphoricum en fin de pĂ©riode
60 et au-delĂ : Phosphoricum acidum et sa fatigue profonde aussi bien mentale que physique.

Ces diffĂ©rents Sels Constitutionnels, marquant les diffĂ©rentes Ă©tapes de la vie du Phosphorique, ont des pathogĂ©nĂ©sies relativement pauvres. Cela ne signifie pas qu’il s’agisse de mĂ©dicaments mineurs. Tout simplement ils n’ont pas Ă©tĂ© suffisamment expĂ©rimentĂ©s pour jouer un rĂŽle thĂ©rapeutique majeur, hors l’analyse constitutionnelle.

Mais la Constitution Phosphorique est centrée sur Phosphorus.

Cet immense polychreste a une pathogĂ©nĂ©sie particuliĂšrement fouillĂ©e. Il interviendra toujours dans la vie du Phosphorique Ă  diffĂ©rents stades, pas tellement Ă  la petite enfance, mais dĂšs l’adolescence. Nous le retrouverons aux Ăąges les plus avancĂ©s. Le grand << vieillard » Phosphorus est un magnifique Biotype.

 

  1. Phosphorus

Il sera donc le premier remĂšde Ă  Ă©tudier.

Sur le plan morphologique Phosphorus est un longiligne mince, Ă©lancĂ©, d’allure Ă©lĂ©gante, distinguĂ©e, aux attaches fines. Un thorax allongĂ© mais Ă©troit traduit la lĂ©gĂšre insuffisance respiratoire tĂŽt prĂ©sente. Il est grand, son dos trĂšs allongĂ© a tendance Ă  se voĂ»ter. Un front haut, un crĂąne dolichocĂ©phale, des cheveux et des yeux clairs confĂšrent Ă  son visage un aspect romantique plein de charme.

Fragile sur le plan pulmonaire, c’est le candidat rĂȘvĂ© Ă  la tuberculose. Lorsqu’il est malade il faut le surveiller attentivement car il dĂ©compense et s’aggrave rapidement. Vous le quittez, il est bien. Vous le retrouvez, quelques heures plus tard, il gĂźt au fond du lit avec 40°.

C’est l’oxygĂ©noĂŻde type au teint frais, un peu trop rose aux pommettes. Il brĂ»le vite et s’Ă©puise. Gilbert Charette le comparait Ă  l’allumette phosphorĂ©e. Elle brĂ»le haut et clair, puis retombe en petits fragments charbonneux. A nous de le ressusciter de ses cendres tel le PhĂ©nix de la lĂ©gende.

C’est ce Phosphorus qui, issu de Calcarea phosphorica, va au long de l’existence se transformer, s’affaiblir, s’aggraver avec des phases constitutionnelles diffĂ©rentes.

Il faudra donc l’alterner au long cours avec les Sels constitutionnels indiquĂ©s. Sa MatiĂšre mĂ©dicale est donc intĂ©ressante Ă  prĂ©ciser :

  • Grand, mince, Ă©lancĂ©, au thorax allongĂ© et Ă©troit, au dos facilement voĂ»tĂ©, aux attaches fines et raffinĂ©es. Front large, cheveux clairs indiquent une nature sensible et romantique.
  • Vive intelligence mais vite Ă©puisĂ©e, avec rĂ©pulsion pour tout travail, physique comme intellectuel.
  • Vive Ă©motivitĂ© vite Ă©puisĂ©e. Tristesse et indiffĂ©rence Ă  tout. AnxiĂ©tĂ© avec oppression aggravĂ©e au crĂ©puscule du soir et Ă  l’approche de l’orage.
  • Tous les troubles, physiques comme mentaux, Ă©voluent rapidement vers la dĂ©compensation, l’aggravation, l’Ă©puisement. Sensation de brĂ»lures, gĂ©nĂ©ralisĂ©es ou localisĂ©es (cf. Sulfur) : paume des mains brĂ»lantes (plante des pieds: Sulfur).
  • HĂ©morragies de sang rouge frĂ©quentes et abondantes. La moindre blessure saigne abondamment.
  • CĂ©phalĂ©e brĂ»lante, aggravĂ©e par le travail intellectuel.
  • Vertiges nombreux avec sensation de faiblesse et de fatigue cĂ©rĂ©brale.
  • Faiblesse oculaire. Voit les objets nimbĂ©s de brouillard. DĂ©gĂ©nĂ©rescence rĂ©tinienne.
  • Soif ardente pour des boissons froides.
  • Faim vorace. Doit manger, sinon dĂ©faille. Se lĂšve la nuit pour manger (cf. Petroleum, Psorinum, Lycopodium). DĂ©sir de sel et d’aliments salĂ©s (cf. Natrum muriaticum).
  • DiarrhĂ©es abondantes, jaillissantes, sans douleur mais Ă©puisantes (cf. China).
  • Gros foie douloureux. Ne peut se coucher sur le cĂŽtĂ© droit (cf. Lycopodium).
  • Enrouement douloureux, pire dans la soirĂ©e (le matin : Causticum).
  • Congestion des poumons qui paraissent bruyants. Toux sĂšche, douloureuse, rauque qui Ă©branle tout le corps, parfois hĂ©moptoĂŻque. S’aggrave couchĂ© sur le cĂŽtĂ© gauche.
  • Hypertrophie du cƓur droit. Palpitations aggravĂ©es couchĂ© sur le cĂŽtĂ© gauche.
  • DĂ©sir sexuel exaltĂ©.
  • Dos douloureux et faible. Scoliose vive. SensibilitĂ© Ă  la pression des vertĂšbres cervicales et dorsales.
  • FiĂšvre facile avec sueurs nocturnes et faim anormale.

Modalités
Aggravation: Au crĂ©puscule, par l’orage, par le froid.
AmĂ©lioration: Dans l’obscuritĂ©, par le froid pour les maux de tĂȘte et d’estomac.
Latéralité: Droite.

 

  1. Calcarea phosphorica

Le Phosphate de calcium est le remĂšde initial de la Constitution. Ses traits caractĂ©ristiques peuvent ĂȘtre prĂ©sents dĂšs la naissance, Ă  peu prĂšs dans 10% des cas. Le plus souvent nous avons un nourrisson carbonique dont les traits phosphoriques se dĂ©voileront dans les 2 ou 3 premiĂšres annĂ©es.

  • Esprit vif, nerveux, agitĂ©, sentimental, romantique, facilement dĂ©primĂ©.
  • FatiguĂ© rapidement par tout travail intellectuel (cf. Phosphorus). Enfant maussade, de mauvaise humeur. Termine mal son annĂ©e scolaire.
  • FrilositĂ© gĂ©nĂ©rale. Sensation de froid un peu partout (Phosphorus).
  • Maigrit du haut malgrĂ© un vif appĂ©tit.
  • Vertiges chez les personnes ĂągĂ©es (cf. Phosphorus).
  • CĂ©phalĂ©e aggravĂ©e ou provoquĂ©e par le travail intellectuel. Vif appĂ©tit avec dĂ©sir de viandes fumĂ©es, salĂ©es et de sel.
  • DiarrhĂ©es avec selles aqueuses. Beaucoup de gaz fĂ©tides. AggravĂ©es par fruits, boissons froides, glaces et durant la dentition (cf. Chamomilla).
  • Toux tenace, suffocante, amĂ©liorĂ©e en se couchant (≠Hyosciamus). Poitrine douloureuse, surtout base du poumon gauche. Excitation sexuelle.
  • RĂšgles douloureuses avec lombalgies, soit trop rapprochĂ©es de sang rouge, soit trop espacĂ©es de sang noir.
  • Douleurs rhumatismales avec engourdissement, surtout chez les gens ĂągĂ©s, aggravĂ©es par froid humide, printemps, automne (cf. Rhus toxicodendron).

Modalités
Aggravation: Par froid humide, par l’orage, Ă  l’automne, au printemps.
AmĂ©lioration: Par la chaleur, le temps sec, l’Ă©tĂ©.
Latéralité: Gauche +.

 

  1. Magnesia phosphorica. Phosphate de magnésium

L’ion Magnesium introduit la composante spasme. La spasmophilie domine dans tous ses tableaux cliniques: nĂ©vralgies, crampes abdominales aiguĂ«s, aĂ©rophagie, dysmĂ©norrhĂ©e, fibromyalgie.

Dans l’urgence son complĂ©mentaire sera Colocynthis dont lui-mĂȘme est le remĂšde de fond.

  • NĂ©vralgies et spasmes amĂ©liorĂ©s par l’hyperflexion, la pression forte, la chaleur, aggravĂ©s par le froid (cf. Colocynthis).
  • CĂ©phalĂ©es et nĂ©vralgies faciales dĂ©clenchĂ©es par le froid, pires Ă  droite (cf. Aconit), amĂ©liorĂ©es en s’enveloppant chaudement la tĂȘte (cf. Silicea).
  • Douleurs abdominales Ă  type de coliques et de crampes, amĂ©liorĂ©es en se pliant en deux et en appuyant sur le ventre, aggravĂ©es par le froid, amĂ©liorĂ©es par la chaleur (cf. Colocynthis).
  • RĂšgles douloureuses par spasme utĂ©rin : la douleur prĂ©domine avant ou au premier jour des rĂšgles et s’amĂ©liore au fur et Ă  mesure de l’Ă©coulement (≠Actaea).
  • Crampes musculaires. Crampe de l’Ă©crivain (main droite).

Modalités
Aggravation: Par le froid, par le mouvement.
AmĂ©lioration: PliĂ© en deux et par l’hyperflexion, par la pression forte, par la chaleur.
Latéralité: Droite (Colocynthis: gauche).

 

  1. Kali phosphoricum. Le Phosphate de potassium reprĂ©sente un 1 stade de dĂ©compensation et de fatigue. La vie est stressante, le surmenage s’installe. Des phobies, une anxiĂ©tĂ© se dĂ©veloppent Ă  propos de tout et de rien. L’Ă©motionnel prend le dessus: on sursaute au moindre bruit, on s’agite, on remue sans cesse jambes et pieds (Zincum), on dort mal. Ce Phosphorique devient trop nerveux et dĂ©primĂ©.

Comme chez tous les Phosphoriques la sexualitĂ© est exigeante. Mais comme chez tous les Kali, on est Ă©puisĂ© aprĂšs avoir fait l’amour.

  • Suite de surmenage intellectuel.
  • Epuisement avec anxiĂ©tĂ© Ă  propos de tout et de rien.
  • ExcitĂ©, agitĂ©, Ă©motif. Sursaute au moindre bruit ou contact. Remue sans cesse les pieds (cf. Zincum).
  • Aggravation de tout l’Ă©tat gĂ©nĂ©ral aprĂšs le rapport sexuel.
  • Insomnie par surmenage, Ă  la moindre excitation. Terreurs nocturnes des Ă©coliers surmenĂ©s.
  • CĂ©phalĂ©e aggravĂ©e par le travail intellectuel, au rĂ©veil.
  • Bouche sĂšche avec langue « jaune moutarde ».
  • DiarrhĂ©e Ă©puisante avec selles liquides jaune orange.
  • Coryza avec Ă©coulement Ă©pais, jaune. Toux avec expectoration jaune.
  • DĂ©sir sexuel augmentĂ©, malgrĂ© la fatigue, aprĂšs le coĂŻt.

Modalités
Aggravation: AprĂšs le coĂŻt, par le froid, par toute excitation mentale.
Amélioration: En mangeant, par la chaleur.

L’alternance Kali phos. 12 CH ou 10 000 K, Phosphorus 12 CH ou 10 000 K, permettra de redresser les choses et de rĂ©insĂ©rer cet adulte jeune dans la vie active.

 

  1. Natrum phosphoricum a une pathogĂ©nĂ©sie peu connue mais qui n’est pas nĂ©gligeable.

Ici le digestif, le métabolique prend le pas. La quarantaine est dépassée. Le vif appétit du Phosphorique commence à faire quelques dégùts. Il a des aigreurs, des acidités, une langue saburrale jaunùtre dans sa partie postérieure (Nux), des diarrhées.

Sommeil agitĂ© avec cauchemars: voit les meubles de sa chambre s’animer comme de vrais personnages !

La sexualitĂ© dĂ©faille et le mĂąle se sent faible, tremblotant. Le dos est fatiguĂ©, la peau gratte traduisant l’intoxication interne. PoussĂ©es d’urticaire. Le gros orteil taquine, le genou aussi.

Chez un Phosphorique digestif, on prescrira l’alternance Natrum phosphoricum / Phosphorus en 12 CH ou 10 000 K.

 

  1. Ammonium phosphoricum.

Phosphate d’ammonium. On enregistre alors des dĂ©compensations pulmonaire et articulaire passant Ă  la chronicitĂ© chez un sujet faible, indolent, Phosphorique par ses antĂ©cĂ©dents, mais gras, comme soufflĂ©.
Au point de vue pulmonaire, bronchite chronique et dilatation des bronches dominent le tableau clinique. Chaque hiver, une toux caverneuse s’installe avec expectoration verdĂątre. Chaque poussĂ©e infectieuse est prĂ©cĂ©dĂ©e de crises d’Ă©ternuements le matin.
Sur le plan des articulations nous noterons des rhumatismes dĂ©formant doigts et orteils. NodositĂ©s douloureuses et gĂȘnantes pour les mouvements.
Faiblesse, mollesse, indolence caractĂ©ristiques des Ammonium sous-tendent toute cette pathologie justiciable d’Ammonium phos.

 

  1. Phosphoric acidum. L’acide phosphorique. Nous voici donc arrivĂ© avec cet acide au stade ultime de la sĂ©quence phosphorique. Comme avec tous les acides on est frappĂ© par l’Ă©puisement, l’asthĂ©nie physique et morale, l’importante fuite d’Ă©nergie vitale qui caractĂ©risent les sujets.

L’Ă©puisement nerveux est profond engendrant un Ă©tat dĂ©pressif accentuĂ© avec tristesse intense et indiffĂ©rence Ă  tout. Cette mĂ©lancolie fait suite au surmenage intellectuel, Ă  un grand chagrin, Ă  un deuil profond. Ne peut rassembler ses idĂ©es, se refuse Ă  penser, ne veut, ni ne peut, plus travailler, mĂȘme pas de ses mains. C’est un Phosphorus totalement vidĂ©.

On retrouve des céphalées déclenchées par les études, des diarrhées, une fragilité respiratoire avec toussotement répétitif. Les urines sont parfois laiteuses par perte de phosphates. On est déminéralisé.
Le surmenage musculaire provoque des crampes dans les jambes, nombreuses et intenses, des douleurs aiguës comme si « les os étaient grattés au racloir ».

Phosphoric acidum est indiquĂ© en fait Ă  2 moments importants de l’existence : le senior Ă©puisĂ©, mĂ©lancolique du fait de son Ă©puisement et aussi de sa mise Ă  la retraite; et l’adolescent maigre, asthĂ©nique, pĂąle, boutonneux, qui n’en peut plus en fin d’Ă©tudes. Ce sont lĂ  deux Ă©tapes de sortie vers autre chose qu’on apprĂ©hende. Le senior: la vieillesse et ses infirmitĂ©s, le jeune : la vie et ses difficultĂ©s.

Chez l’adolescent ce sera d’ailleurs lĂ  l’Ăąge de l’anorexie, refus total de l’avenir.

Le radical Phosphorique permet d’individualiser un certain nombre de mĂ©dicaments gravitant autour des remĂšdes constitutionnels de la sĂ©rie.

Ils emprunteront leurs propriĂ©tĂ©s Ă  l’ion Phosphore comme au cation mĂ©tal qui les spĂ©cifie. Mais nous retrouverons des modalitĂ©s communes Ă  tous les Ă©lĂ©ments: < crĂ©puscule du soir, orage, surmenage, dĂ©sir sexuel exacerbĂ© et Ă©puisant.

Comme le remĂšde constitutionnel, ils agiront en profondeur Ă  l’occasion de certaines pathologies se dĂ©veloppant chez le Phosphorique.

Des indications prĂ©cises peuvent ĂȘtre posĂ©es.

Baryta phosphorica : artĂ©riosclĂ©rose se dĂ©veloppant chez un sujet mince, Ă©lancĂ©, rĂ©chauffĂ© (≠Baryta carbonica). Perte de mĂ©moire, ralentissement intellectuel et surtout HTA artĂ©rielle avec pincement de la diffĂ©rentielle. Dans la sphĂšre ORL, hypertrophie des amygdales, vĂ©gĂ©tations chez le jeune Phosphorique. Donc remĂšde de 1er et de 4Ăšme Ăąges: le vieux Phosphorus Ă©voluera sur Baryta carb, dans la mesure oĂč la sclĂ©rose vasculaire domine le tableau.

Cuprum phosphoricum : remĂšde de spasme, de contracture, de colique abdominale. La crampe, la douleur crampoĂŻde domine la clinique. Il complĂštera en profondeur l’action de Magnesia phos., Phosphorique spasmophile. C’est Ă©galement un excellent mĂ©dicament d’asthme chez le Phosphorique.

Un trio de la crise d’asthme : Sambucus, Ipeca, Cuprum phos. 4 ou 5 CH

Chininum phosphoricum, phosphate de quinine sera indiquĂ© en 4, 5 CH dans les anĂ©mies, surtout consĂ©cutives au paludisme ou en complĂ©ment de la prophylaxie anti-paludĂ©enne, en 7, 9 CH dans les acouphĂšnes et bourdonnements d’oreille.

Ferrum phosphoricum est aprĂšs Aconit et Belladonna notre 3Ăšme anti-inflammatoire. La pathologie est plus virale que bactĂ©rienne. Une fiĂšvre modĂ©rĂ©e, une CRP peu Ă©levĂ©e en tĂ©moignent. IndiquĂ© dans les inflammations de l’oreille et menace d’otite, dans certaines formes d’anĂ©mie, dans les pĂ©riarthrites des Ă©paules, la droite (la gauche : Ferrum met.) de 4 Ă  9 CH.

Mercurius phosphoricus : angine du Phosphorique, rouge avec dépÎts blanchùtres, mononucléose. Douleur < par le trop chaud, par le trop froid. Salivation abondante.

Lithium phosphoricum : rhumatisme goutteux. NodositĂ©s douloureuses dĂ©formant les doigts. Nous l’associons alors Ă  Natrum phos. et Ammonium phos. selon le stade Ă©volutif de la constitution. Douleur rhumatismale au niveau du plastron costal, Ă  gauche, la rĂ©gion du cƓur. En 4, 5, 7 CH.

Manganum phosphoricum, le phosphate de manganÚse. Fatigue profonde comme Phosphoric acid. : garde le lit avec obs tination et ne veut pas en sortir. Rhumatisme des petites articulations. Allergies respiratoires : rhinite spasmodique, asthme avec toux trÚs sÚche > en étant couché (Hyoscyamus), < temps humide et froid. En 4, 5, 7, 9, 12 CH.

Zincum phosphoricum : Ă©galement fatigue profonde, plus particuliĂšrement intellectuelle. Ne supporte pas la moindre goutte de vin. En 4, 12 CH.

Aluminium phosphoricum sera indiqué en hautes dynamisa- tions dans les maladies neurologiques frappant le Phosphorique: Parkinson, Alzheimer. Il faut le prescrire en trÚs hautes dynamisations: 10 000, 50 000 ou 100 000 K.

Ce seront essentiellement des mĂ©dicaments tuberculiniques qui viendront Ă©pauler l’action symptomatique. Sur le plan respiratoire : Pulsatilla, Drosera, Sambucus, Ipeca, Bryonia, Stannum, Allium cepa draineront la muqueuse nasale de l’allergique. La toux du fumeur : Stannum iod. 4 CH.

Le systÚme cortico-cognitif sera régulé par Ignatia, Chamomilla, stimulé par Zincum.

Les émonctoires seront drainés par Chelidonium, Solidago, Formica rufa.

L’Ă©rĂ©thisme cardiaque se calmera avec Crataegus et Convallaria. Rhus tox., Rhododendron, Apis, Bryonia exerceront leur action anti-inflammatoire au niveau des articulations douloureuses.

Des nosodes Biothérapiques Tuberculiniques viendront en complément dans nos traitements de fond : VAB (cf. BCG), Tuberculinum, T.R., Morbillinum, Pertussinum, Poumon histamine et le dernier né Thymuline.

Colibacillinum associé à Formica rufa interviendra dans le traitement des colibacilloses à répétition, fréquentes chez la jeune Phosphorique.

Au 4Ăšme Ăąge le vieux Phosphorus Ă©voluera soit s’il s’affaiblit, maigrit et se refroidit sur Arsenicum, soit s’il maigrit tout en restant tonique, en se rĂ©chauffant sur Natrum mur., soit s’il se sclĂ©rose sur Baryta carb. ou mieux Baryta phos.

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