DIATHÈSE SYCOSIQUE

Définition de la diathèse

Diathèse sycosique

La sycose est l’une des trois diathèses historiques individualisées par Hahnemann et décrites dans son Traité des maladies chroniques (1828).

Le mode réactionnel sycotique

a) L’inflammation
Dans la sycose, l’inflammation frappe essentiellement les muqueuses, surtout les muqueuses génitales. Évoluant au long cours, elle entraîne une baisse progressive des défenses immunitaires (système réticulo-endothélial, lymphocytes CD4).

b) L’exsudation
Écoulements épais, visqueux, verdâtres (urétral, leucorrhées). Diarrhées impérieuses · Catarrhe nasal interminable. Ces écoulements = éliminations toxiniques sycotiques. S’ils cessent brutalement, place au troisième stade.

c) La néoformation
Développement de tumeurs bénignes (sinon → cancérinisme) :

  • Petites : papillomes vénériens, verrues, condylomes (« fics » de Hahnemann)
  • Volumineuses : fibromes utérins, adénome du sein ou de la prostate, kystes

La sycose, ça coule et ça construit.

L’imprégnation miasmatique

Hahnemann identifie initialement sycose et « maladies des fics » → origine vénérienne. Plus tard, le gonocoque fut considéré comme le miasme originaire.

Le processus sycotique se développe lentement (contrairement au tuberculinisme ou à la psore). Ses limites dépassées → diminution des défenses immunitaires et affections mettant en jeu le pronostic vital.
(Voir Les réserves fonctionnelles)

Comment devient-on sycotique ?

Comme pour toute diathèse : inné (héréditaire) + acquis. Le miasme est à la fois exogène et endogène. Notion de « types sensibles » : tout le monde n’est pas sycotique.

L’acquis

a) Maladies sexuellement transmissibles

  • Blennorragies (gonocoque) — Une seule suffit à enclencher le processus
  • Chlamydia / Mycoplasmes — Très sycosants. Chlamydia = cause fréquente de stérilité féminine
  • Candidoses vaginales — Source de sycose et de psore
  • Herpès — HSV 1 (labial) = tuberculinisme · HSV 2 (génital) = sycose
  • HIV 1 & 2 — Incontestablement sycosant. L’homéopathie ne guérit pas le sida, mais conforte les traitements classiques

b) Multiplication des vaccinations

Source la plus répandue de sycose actuelle (Burnett). Tout vaccin est sycosant.

  • Thuya → sujet gras, épais, carbonique
  • Silicea → sujet amaigri, fatigué, silicique

1 dose 9 CH la veille du vaccin, à renouveler 7 jours plus tard.
+ isothérapique du vaccin.

c) Médicaments immunodépresseurs (sycose iatrogène)

  • Corticoïdes / AINS → Cortisone diluée = homéosycotique
  • Tranquillisants / antidépresseurs → Benzodiazépine diluée
  • Œstrogènes / progestérone (pilule, THM)
  • Antibiothérapies prolongées → Pénicillines les plus sycosantes

L’hérédité (l’inné)

Codage génétique = miasme endogène. Le cancer d’un parent signe la sycose du descendant. Le type constitutionnel favorise l’empreinte génétique.

Description de la diathèse

Signes majeurs de la sycose

  1. Antécédents : IST et blennorragies (anciennes, répétées) · Vaccinations · Traitements prolongés aux corticoïdes / immunodépresseurs
  2. Rumination constante de soucis, même minimes · Idées fixes
  3. Aggravation générale par l’humidité, surtout le froid humide (sauf Causticum)
  4. Tendance aux excroissances : verrues, tumeurs bénignes, condylomes, adénofibromes
  5. Prise de poids injustifiée
  6. Tendance aux écoulements muqueux chroniques, épais, verdâtres (génital, rhino-pharyngé, colique)
  7. Désir de thé qui, à la longue, aggrave
  8. Ballonnement abdominal avec gaz et gargouillis abondants
  9. Diarrhées matinales (forcent à se lever tôt), expulsées avec force et gaz
  10. Peau très grasse avec sueurs odorantes

Modalités

  • Aggravation : humidité et froid humide (sauf Causticum) · Thé
  • Amélioration : chaleur sèche · Chaleur humide pour Medorrhinum

Pathologie de la sycose

1. Catarrhes

Chroniques, visqueux, verdâtres, aggravés par l’humidité.

a) Plan respiratoire
Rhino-pharyngites · Bronchites · Asthme

  • Medorrhinum → asthme amélioré par temps chaud et humide / bord de mer
  • Natrum sulfuricum → sibilances, expectoration gluante verdâtre, aggravation par l’humidité

b) Plan uro-génital
Écoulement urétral · Leucorrhées · Candidoses · Herpès génital · MST · Prostatites

HSV 2 (génital) = sycotique · HSV 1 (labial) = tuberculinique

2. Tumeurs bénignes

a) Plan cutané

  • Verrues (multiples) — affection spécifiquement sycotique
  • Molluscum contagiosum · Molluscum pendulum · Verrues planes / séborrhéiques

b) Plan uro-génital

  • Condylomes (souvent sycose + luèse) → Cinnabaris
  • Fibromes utérins — Sang rouge : Sabina · Ustilago · Ipeca · Fraxinus americana · Sang noir : Thlaspi · Chamomilla · Secale
  • Adénofibromes des seins (attention cancer → biopsie de règle)
  • Adénome de la prostate (sujet jeune ou gros adénome) = sycose mal maîtrisée

3. Rhumatismes

Torpides, de type arthrosique, aggravés par l’humidité et le froid humide (sauf Causticum). L’hydrogénoïdisme accompagne toute la pathologie sycotique.

4. États dépressifs / mélancoliques

Rumination · Idée fixe · Phobie du cancer. Suicide possible chez Natrum sulfuricum et Thuya lobbi.

5. Problèmes digestifs

  • Colites spasmodiques gazogènes
  • Diarrhées impérieuses matinales → Thuya · Natrum sulfuricum
  • Diarrhées du nourrisson sycotique → Rheum

Remèdes de la série

Médicaments majeurs de la sycose

a) Thuya occidentalis
Le très grand médicament de la sycose.

Thuya, c’est la sycose.

b) Nitricum acidum
Deuxième médicament historique. Toute sycose ayant résisté à Thuya sera, pour Hahnemann, guérie par Nitricum acidum.

c) Staphysagria
Très grand médicament de sycose génitale (prostate, hypersensibilité voluptueuse, ruminations sexuelles).

Staphysagria = le Sexe, surtout masculin (sexe féminin → Platina)

d) Natrum sulfuricum
Gouverne le plan hydrogénoïde. Sensibilité extrême à l’humidité. Articulations et vieilles cicatrices douloureuses dès que la pluie menace.

Médicaments satellites de la sycose

Similitude plus ponctuelle, ciblée par appareils

a) Plan mental

  • Thuya lobbi — Dépression obsessionnelle, ruminations suicidaires. Complémentaire de Natrum sulfuricum
  • Selenium — Épuisé, perte de mémoire, prostate, idées sexuelles + défaillance érectile. Complète Staphysagria
  • Thea sinensis — Désintoxication, insomnies, céphalée en clou de Thuya

b) Plan immunitaire global

  • Cortisone 4 à 30 CH — Très grand homéosycotique. En cas de corticoïdes au long cours : 7-9 CH, 1 dose / 15 j
  • Thymuline · DNA · RNA · Interféron · Interleukine · Cyclosporine (7-30 CH / 1 000-100 000 K) — Immunomodulation. Thymuline plus tuberculinique

c) Plan digestif

d) Plan génito-urinaire

  • Prostate → Chimaphila · Sabal (3 D à 3 CH)
  • Urétrite → Sarsaparilla
  • Fibrome → Sabina · Fraxinus americana (3-4 CH) · Crocus (4-7 CH)

e) Douleurs articulaires

Médicaments constitutionnels de la sycose

a) Calcarea carbonica
Le processus sycotique se développe préférentiellement chez le carbonique.
Voir La Séquence évolutive ▶️ dans les Remèdes de la Série

Natrum carbonicum = décompensation sycotique de Calcarea et de Thuya (plus gras, mou, infiltré, diarrhées épuisantes).

Calcarea carbonica 🔄 Thuya 🔄 Natrum carbonicum

  • Calcarea carbonica · Natrum carbonicum → aggravés à la pleine lune
  • Thuya → aggravé à la nouvelle lune

b) Silicea
Amaigri, aggravé à la nouvelle lune. Sycose rapide, parfois explosive (« sycose éclatée ») par défaillance immunitaire totale.

c) Causticum
Appartient à la sycose (verrues, chéloïdes). Sa maigreur + amélioration par l’humidité en font la clé d’une sycose sèche → Arsenicum → Psorinum.

Humide Sec
Froid Thuya (gras) Causticum (maigre)

Nosodes & isothérapiques de la sycose

Action de redressement immunitaire et de levée des barrages.

a) Medorrhinum
Pus de blennorragique à Neisseria, prélevé avant tout traitement. Mis au point par Swan → « miasme » de la sycose. Hautes dynamisations (7 à 30 CH).

b) Gonotoxinum
Ancien vaccin antigonococcique Codex. Stimulation immunitaire ciblée. Utile dans l’étiologie MST (7 à 30 CH). Nosode d’avenir.

c) Vaccinotoxinum
Vaccin antivariolique. Immunostimulant aux indications larges → sycose vaccinale.

d) Isothérapiques de vaccins

Tous les vaccins sont sycosants, surtout chez les carboniques et les siliciques.

  • BCG trop répété
  • Variole (abandonné)
  • Tétanos
  • Hépatites
  • Vaccins tropicaux (fièvre jaune, choléra)

→ À pratiquer avec traitement antisycotique concomitant.

Drainage du terrain sycotique

1. Stimulation du facteur émonctoriel

a) Le rein

  • Pilosella · Solidago · Equisetum TM → 50-100 gttes/j
  • Rein 4 CH → 1 amp. 3×/semaine

b) Les articulations

  • Gemmothérapie : Ribes Bg + Vitis Bg + Pinus Bg mac. 1D → 50-100 gttes de chaque /j
  • Organothérapie : Cartilage 4 CH · Médullos 4 CH → 1 amp. ou 1 supp. /j
  • Lithothérapie :
    • Feldspath quadratique D8 → arthrose généralisée
    • Apatite D8 → arthrose lombaire
    • Orpiment D8 → coxarthrose
    • Soufre natif D8 → arthrose généralisée (1-3 amp./j)

2. Redressement des défenses immunitaires

  • Tissu réticulo-endothélial 4 CH → 1 amp. 3×/semaine
  • Thymus 4 CH → 1 amp. 3×/semaine

3. Nettoyage de l’arbre génito-urinaire

a) Adénome de la prostate

  • Sequoia Bg mac. 1D → 50-100 gttes/j
  • Prostate 4 CH → 1 amp. ou 1 supp. 3×/semaine

b) Fibrome

  • Rubus idaeus Bg mac. 1D → 100 gttes/j
  • Utérus 9 CH → 1 supp. 3×/semaine
  • Folliculo-stimuline hypophysaire 12 CH · Progestérone 3 CH → 1 amp./j en alternance

c) Infections répétitives (micro-mycothérapie)

  • Candida albicans D8 · Streptomyces griseus D8 · Penicillium notatum D8 → 1-2 amp./j en alternance

d) Processus néoformateurs

  • Vitis Bg mac. 1D → 50-100 gttes/j
  • Monazite D8 · Blende D8 · Galène D8 · Célestite D8 → 1 amp./j

Liens entre diathèses et constitions

Sycose 🔄️ Carbonique

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